Agen : un arrêté municipal interdit l'accès aux sites stratégiques aux VTC pour calmer la "guerre" avec les taxis
La cohabitation entre taxis et VTC vient de franchir un nouveau cap de tension à Agen (Lot-et-Garonne). Pour tenter d'apaiser les conflits récurrents, le maire Jean Dionis du Séjour a pris un arrêté radical qui restreint considérablement l'activité des chauffeurs VTC. Depuis décembre, et avec une application stricte prévue pour ce mois de février, les VTC ont l'interdiction de circuler ou stationner dans des secteurs clés comme la gare, le Centre des congrès ou l'École nationale de l'administration pénitentiaire, et ce, de 7 heures à 22 heures.
La municipalité justifie cette décision par la volonté de protéger la profession de taxi, dont les artisans ont investi lourdement dans leur licence (entre 50 000 et 100 000 euros), face à des VTC accusés de "maraude" illégale aux abords de la gare. Les taxis locaux, tout en appelant au calme, dénoncent une concurrence déloyale. De leur côté, les chauffeurs VTC se disent victimes d'intimidations (prises de photos de leurs plaques, courses-poursuites) et estiment que cet arrêté signe leur arrêt de mort économique. Certains témoignent déjà d'une chute vertigineuse de leur chiffre d'affaires, passant de 2 000 euros par mois à quelques dizaines d'euros par semaine.
Cette affaire illustre la difficulté persistante de faire coexister les deux modèles dans les villes moyennes, où le marché est plus restreint qu'à Paris. Les chauffeurs VTC agenais ont lancé une pétition en ligne pour dénoncer une mesure qu'ils jugent discriminatoire et qui "récompense la violence au lieu de protéger le droit au travail".
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