Uber et Lyft attaquent New York en justice : une loi qui protège les chauffeurs fait débat
Uber et Lyft ont déposé des plaintes distinctes devant un tribunal fédéral de Manhattan pour bloquer l'entrée en vigueur d'une loi inédite à New York : la loi locale 52 de 2026. Adoptée en janvier par le Conseil municipal avec 46 voix pour et seulement 5 contre, cette loi interdit aux grandes plateformes de transport de désactiver des chauffeurs sans une "raison économique valable" ou un "motif justifié". Les deux entreprises affirment que cette mesure les contraindrait à maintenir sur leurs applications des conducteurs qu'elles considèrent dangereux.
Concrètement, la loi impose notamment un préavis de 14 jours avant toute désactivation et pourrait obliger les plateformes à réintégrer des chauffeurs écartés depuis 2019 sans ce préavis. Uber estime que cette obligation de délai expose les passagers à des risques en laissant à des conducteurs sanctionnés le temps de "se venger". La loi prévoit cependant des exceptions claires : partage de compte, fraude, violence, harcèlement sexuel ou comportements discriminatoires restent des motifs de désactivation immédiate.
Cette bataille juridique est à surveiller pour les chauffeurs français : elle soulève des questions fondamentales sur l'équilibre des pouvoirs entre les plateformes et les indépendants qui en dépendent. Si la loi new-yorkaise survit aux tribunaux, elle pourrait inspirer des réformes similaires en Europe, où la question du statut et des droits des chauffeurs VTC reste un sujet brûlant.
Sources :
Boursorama / Reuters – Lyft et Uber poursuivent New York
Benzinga France – Uber dépose une plainte contre New York